INTERVIEW GAZETTE 5

« L’une de nos priorités sera de faire la lumière sur la gestion budgétaire de notre commune »

La gestion économique de la commune est pointée du doigt par de nombreux conseillers municipaux de la majorité et de l’opposition. Sur quels points précisément ? Quelles conséquences ? Entretien avec Romain AMARO, conseiller municipal des Pennes-Mirabeau.

Depuis des mois, vous mettez en lumière de nombreux problèmes de gestion et une opacité sur certaines dépenses. Que dénoncez-vous exactement ?
Nous sommes très inquiets de la tournure que prend la gestion de notre commune. Depuis une vingtaine d’années, nous engloutissons près de 70% du budget des Pennes-Mirabeau dans le fonctionnement. C’est un record en France ! A cela, ajoutons tout le flou dans lequel nous enferme la majorité autour des dépenses effectuées. Cette situation ne peut plus durer et n’est pas envisageable pour une commune de 22.000 habitants comme la nôtre.

UNE GAZETTE 5Vous parlez de « flou », cela reste un mot très fort.
Au mois de juin, la majorité nous a demandé de voter le budget de l’eau, estimé à 240.000€, sans la moindre explication, alors qu’il venait d’être multiplié par 4 par rapport à l’année précédente. Des subventions d’association sont votées sans document pour certaines, ou avec des documents douteux pour d’autres. Pire, alors même que les travaux de la Gavotte n’ont pas débuté, seule la démolition des infrastructures a été effectuée, nous avons déjà ajouté près de 3 millions d’euros au budget prévisionnel dans l’opacité la plus totale. À côté de ça, nous vendons des terrains à des promoteurs en zone constructible, à 107€ le m². C’est incompréhensible !

Quelles conséquences peut avoir un budget de fonctionnement trop élevé ?
Première incidence, très peu d’investissement. Nos structures ne sont ni rénovées, ni entretenues. Hormis le centre de loisirs Jean Giono et l’école de musique, dont la ville a financé une petite partie, nous n’avons connu aucun projet structurant dans notre commune ou lui permettant de se développer. Tout est laissé à l’abandon.
Autre incidence, si en 2017 nous n’avions pas vendu pour 2 millions d’euros de terrains et bâtiments communaux, notre budget serait déficitaire de près de 1 million d’euros. Nous continuons à demander où va l’argent depuis 20 ans et comment allons-nous faire lorsque nous n’aurons plus de biens à vendre ?

Dans ces conditions, quelles sont vos propositions ?
Aujourd’hui, et malgré nos demandes depuis dix ans, nous n’arrivons pas à sortir de cette opacité.
L’une de nos priorités sera de faire la lumière sur la gestion budgétaire de notre commune et de la rendre totalement transparente et rigoureuse. Cela nous permettra de comprendre ce qu’il s’y passe afin que les Pennes-Mirabeau retrouvent un développement et un rayonnement digne d’une commune comme la nôtre. C’est ce qu’attendent les Pennois.

PROPOS RECUEILLIS
PAR CLÉMENT FOTRIN

Interview à retrouver dans la Gazette des Pennes-Mirabeau n°5 disponible en ligne et distribuée dans votre boite aux lettres.

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